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Projecteur ancien, bobines et clap de tournage
Chapitre 5 · Cinéma

La Salle obscure

Salle 1, la grammaire des films : l’illusion du mouvement, les plans, le montage, les genres, les techniques des maîtres, 130 ans d’histoire. La Salle 2, le Ciné-club, réunit la culture ciné.

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1 · L’illusion du mouvement

Quinze photos, un cheval qui galope.

En 1878, Eadweard Muybridge aligne des appareils photo le long d’une piste. Fais défiler ses images : à partir de combien par seconde ton cerveau voit-il un mouvement ?

Cheval au galop photographié par Muybridge, image animée
12images / seconde

Le cerveau comble les trous. On parle souvent de « persistance rétinienne ». L’explication actuelle est le mouvement apparent : quand deux images proches se suivent assez vite, le cerveau fabrique le mouvement entre les deux.
16 à 20 images par seconde pour le muet, tourné à la manivelle. 24 depuis le parlant (1927) : le son gravé sur la pellicule exige une vitesse fixe. 25 à la télévision européenne.
1878, le pari du galop. Les peintres montraient les chevaux jambes tendues, en l’air. Muybridge prouve que le cheval a bien un instant les quatre sabots décollés, mais les jambes repliées sous le ventre.
28 décembre 1895. Au Salon indien du Grand Café, à Paris, les frères Lumière font la première projection publique payante. 33 spectateurs le premier soir.
2 · Le cadrage

Six plans, une même scène.

La même femme, sur la même place. Seule la distance change, et avec elle ce que le film te fait ressentir. Fais glisser du plus large au plus serré.

3 · Le montage

L’effet Koulechov.

Vers 1920, le cinéaste soviétique Lev Koulechov colle le même plan d’un visage neutre après trois images différentes. Le public jure que l’acteur joue la faim, le deuil, la tendresse. Essaie.

Visage d’homme, expression neutre, noir et blanc
+
Choisis une image
Choisis l’image qui suit le visage. Regarde ensuite le visage : que semble-t-il ressentir ?
✓Défi : voir les trois montages+20
Pourquoi c’est essentiel. Le sens ne vient pas d’un plan seul mais de leur enchaînement. C’est la base du montage : le spectateur relie les images et produit lui-même l’émotion. Eisenstein en fera une arme dans Le Cuirassé Potemkine.
4 · Les mots pour analyser

Parler comme un monteur.

Mouvements de caméra, montage, son : quinze mots qui suffisent pour analyser une séquence. Les pièges viennent toujours de la même famille.

5 · Les genres

Western, noir, SF, horreur…

Un genre, c’est un contrat avec le spectateur : des codes qu’il reconnaît tout de suite. Les grands films jouent avec, ou les cassent. Touche une affiche.

6 · Les techniques des maîtres

Zoom, travelling ou effet Vertigo ?

Trois façons de « s’approcher » d’un personnage, trois effets différents. Choisis un mouvement, fais glisser, observe le personnage et la rue derrière lui.

Rue en perspectiveJeune homme au premier plan

✓Essaie les trois mouvements jusqu’au bout+20
À retenir. Le zoom grossit tout pareil, comme une loupe. Le travelling rapproche le personnage plus vite que le décor : on entre dans l’espace. Le travelling compensé garde le personnage identique pendant que le monde bascule derrière lui.
7 · L’histoire

130 ans de cinéma.

Chaque mouvement invente une façon de filmer. Touche une période sur la frise.

8 · Les classiques muets et premiers parlants

Dix-sept films à connaître.

Les affiches d’époque, des Lumière au premier parlant. Tous ces films se trouvent en médiathèque ou sur les plateformes du patrimoine.

Salle de cinéma ancienne aux fauteuils rouges
Salle 2

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